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Portrait du Jour : Jean CARPENTIER, vétérinaire

 Lumière sur Jean CARPENTIER : vétérinaire et Président de la Commission d’Action Sociale et Sanitaire de la CPAM du Morbihan

 

  •          Pouvez-vous vous présenter et décrire votre parcours ?

J’ai passé toute mon enfance à Rennes jusqu’à la classe préparatoire au concours d’entrée à l’Ecole Vétérinaire. Puis, j’ai choisi d’intégrer l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse.     

A l’obtention de mon diplôme finalisé par la soutenance d’une thèse, j’ai effectué un séjour au Sénégal en tant que coopérant. Mon diplôme de Docteur Vétérinaire m’a permis d’accéder immédiatement au poste de Chercheur responsable du Service Intensification de l’élevage à l’ISRA (Institut Sénégalais de Recherches Agricoles). Mon air d’exercice représentait à peu près les 2/3 de la surface du Sénégal (Sine Saloum, Sénégal Oriental, Haute Casamance),où j’étais le seul vétérinaire sur ce territoire. J’habitais dans une station de l’IRHO (Institut de Recherche pour les Huiles et Oléagineux) et je vivais avec des coopérants Ingénieurs Agronomes spécialisés dans la recherche et le développement de l’Arachide (c’était à l’époque la première production à l’échelle du Sénégal).

  

  •          Quel était le but de vos actions au Sénégal ? Avez-vous été satisfait de vos actions ?

Mon but était d’intensifier l’élevage c’est-à-dire de développer les élevages en tout genre (chevaux, bovins, chèvres, moutons, volaille…).

J’ai eu l’opportunité de montrer aux tribus nomades (les « poulars ou « peuls ») comment un bœuf pouvait devenir un animal intéressant, non seulement sur le plan de la production alimentaire mais aussi en temps qu’outil de travail. Pour ces tribus, le bétail était avant tout une richesse et non un bien de consommation.

J’avais aussi pour mission la rédaction d’un bilan de 13 années d’activités d’élevage dans des Unités expérimentales réparties sur les vastes territoires dont j’avais la charge. Cet ouvrage, corédigé avec un cadre Ingénieur Agronome Français lui a servi de base pour passer son doctorat. Même si mon objectif au Sénégal avait été rempli, j’étais plutôt critique sur le rôle et le comportement d’un grand nombre de coopérants vis-à-vis des autochtones.

 

  •  A votre retour en France, avez-vous eu l’opportunité de vous installer ?

Etant un citadin, je souhaitais découvrir le milieu rural. Après de nombreux remplacements dans différentes régions françaises, j’ai exercé une activité libérale dans la région de Lannion (Côtes-d’Armor), où j’ai pratiquement touché à tout dans le domaine animalier : élevages bovins, porcins, caprins, j’ai également travaillé dans la salmoniculture (truites, saumons…), mais aussi dans un élevage de rats destiné aux laboratoires, de faisans et de perdrix. La clientèle comprenait également un certain nombre d’éleveurs de chevaux de trait bretons.

Depuis maintenant 26 ans, je travaille avec mon épouse en clinique près de Lorient, où ma clientèle est essentiellement composée de propriétaires d’animaux domestiques (chiens, chats,…), mais aussi d’animaux non domestiques (reptiles, oiseaux…) baptisés animaux de compagnie.  

A l’époque, j’ai choisi la région de Lorient car à proximité, il y avait le zoo de Pont Scorff, dont j’ai d’ailleurs été le vétérinaire pendant 11 ans. Cette opportunité m’a permis de m’occuper d’animaux sauvages très variés (lions, panthères, guépards, éléphants, hippopotames, rhinocéros, girafes, singes, crocodiles, otaries, ours…), ce fut un grand moment de mon activité. Mais surtout, j’ai eu l’honneur de travailler en étroite collaboration avec Pierre Thomas, fondateur du zoo de Pont Scorff, récompensé par une prime de la vocation en 1961 qui lui a été remise par Marcel Pagnol.

Cette expérience m'a permis d’être membre de l’Association Européenne des Vétérinaires de Parcs Zoologiques et à ce titre, de rencontrer des confrères travaillant dans différents zoos de France et d’Europe. Cette association nous permettait de nous réunir à Paris, car à l’époque il n’existait pas encore de formations pour les vétérinaires spécialisés dans la faune sauvage. Nous étions donc des pionniers, nous nous réunissions pour discuter de ce qu’il fallait faire, des bons gestes à adopter… On s’entraidait. Il m’arrive, encore aujourd’hui de soigner des animaux de cirques lorsque ceux-ci s’arrêtent dans mon secteur.

 

  •          Qu’est-ce qui vous a amené à être vétérinaire ?

Vers 1964, sont arrivés les premières encyclopédies, les premiers livres avec des photos couleurs pleine page, mes parents me les achetaient : je rêvais d’aventures et de voyages exotiques. On n’avait pas internet et on avait l’impression que la planète était infinie et qu’il y avait encore de gigantesques territoires inexplorés. Internet a réduit notre espace de rêve !

A l’époque, j’avais envie de partir à l’aventure. Je me voyais ethnologue ou vétérinaire. Mon grand-père maternel était un élève Eiffel, Ingénieur aux chemins de fer français et a participé à la construction de nombreux ouvrages ferroviaires sur la ligne Yaoundé-Douala au Cameroun dans les années 1920-1930. Certains y sont encore. J’avais donc envie comme mon grand-père de voyager.

Je n’ai donc pas choisi ce métier uniquement pour m’occuper de la santé animale, qui est mon cœur de métier. Je l’ai choisi pour le regard qu’il me donne sur la vie, sous toutes ses formes, et sur l’homme. Les animaux ouvrent la relation à l’homme et m’aident à comprendre l’humain. J’ai choisi ce métier parce que j’aime la vie, j’aime les plantes, la nature, la campagne…  J’ai besoin d’espace, de liberté, c’est pour ces raisons que l’exercice libéral me convient parce qu’il me laisse la liberté d’entreprendre.

 

  •         Quel(s) conseil(s) donneriez-vous aux futurs vétérinaires qui souhaitent s’installer en libéral ?

La profession a changé. Je crois qu’il ne faut jamais oublier qu’on est au service de l’homme et de la société. Aujourd’hui, il existe des textes de lois qui commencent à protéger la condition animale, et nous en sommes les premiers garants.

Mais le vétérinaire est le lien entre l’homme et l’animal tout en restant au service de l’homme. L’animal, et donc le vétérinaire, sont dans tous les secteurs de l’activité de l’homme ; du secteur primaire de la production au secteur quaternaire des loisirs en passant par l’industrie et les services.  Notre rôle social est de protéger l’humain des maladies animales, notre place nous met à la pointe de la Protection de la Nature et de la Vie, et nous avons donc un rôle d’enseignement et de formation à faire, dans ce sens.

Il ne faut pas nous déconnecter de la société et de ses réalités. Aujourd’hui, on privilégie la spécialisation dans des domaines de plus en plus pointus. Certains professionnels, très compétents, n’ont de valeur que dans la haute technicité de leur exercice professionnel – et, c’est beaucoup ! Mais, je regrette parfois leur manque d’empathie, d’humanité. Nous sommes un maillon de la société, et devons la servir à notre place!  Le Vétérinaire appartient à la communauté des professions libérales. Dans cette communauté, on a besoin de tous s’entraider car on a en face de nous une société qui évolue. 

 

  •         Vous êtes élu président la Commission d’Action Sociale et Sanitaire du Morbihan, quelles sont les grandes lignes de votre mandat ? Et quelles sont les missions de cette Commission ?

J’ai été élu à l’unanimité des voix (sans abstention) à la Présidence de la Commission d’Action Sociale et Sanitaire du Morbihan qui réunit la totalité du Conseil 1 fois par mois. Elle a pour but de gérer la précarité, la maladie et le handicap. La Commission gère principalement des dossiers borderline, c’est-à-dire des dossiers auxquelles l’administration de l’Assurance maladie, soumise à une règlementation rigoureuse ne peut pas répondre aisément. La Commission gère un budget de 1.2 € par an, en Morbihan. C’est un portefeuille qui nous est alloué pour aider ces personnes là. Evidemment on doit rendre des comptes à l’euro près.

La plupart du temps une réunion de la Commission d’Action Sociale et Sanitaire se décompose en 2 grande partie : 

  • 1ère  partie: c’est un état des lieux : à quel pourcentage de dépenses sommes-nous rendus  par rapport à notre budget aujourd’hui ? Quelles sont les possibilités qui nous restent ? C’est une étude un peu comptable.
  •  2ème partie : on étudie cas par cas des dossiers qui nous sont présentés par l’administration de l’Assurance Maladie. Nous représentons le droit de regard de la société civile sur la Sécurité Sociale et, en ce qui concerne la Commission d’Action Sociale et Sanitaire, sur la gestion des dossiers les plus délicats parce que liés à la précarité et au handicap. 

  •           Avez-vous d’autres mandats professionnels ?

Je siège également à la Commission Nationale des Soins à l’Etrangers (depuis sa création). Celle-ci est située à Vannes, elle gère les dossiers de soins de tous les français qui se trouvent à l’étranger (quel que soit le pays). Tout est centralisé, et toutes les caisses d’assurance maladie envoient leur dossier à Vannes pour gérer la totalité de la problématique de santé des français à l’étranger.

Je suis assez fière de siéger à la CPAM 56 depuis 2004, les professionnels libéraux n’y étaient pas représentés auparavant. J’ai été le premier à siéger et je devais représenter tous les professionnels libéraux quel que soit leur domaine d’activité.

Une représentation en amenant une autre, le monde syndical dans les professions libérales étant petit et chronophage, je dois faire figure de bonne volonté puisque le Président de l’UNAPL Bretagne m’a demandé de représenter l’UNAPL dans le 56 et d’être Administrateur de l’ARAPL et de la Maison des Professions Libérales du Grand Ouest.

 

 

 

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